Gabon : Ce que risquent les opposants à Ali Bongo Ondimba
Au Gabon, l’opposant principal d’Ali Bongo Ondimba, Albert Ondo Ossa, sera le vainqueur logique de la présidentielle, selon le camp de l’opposant. Et à en croire ce dernier, Ali Bongo devrait tenter de garder le pouvoir grâce à son appareil sécuritaire. Au Gabon, la plateforme d’opposition Alternance 2023 le sait déjà : son candidat du consensus, Albert Ondo Ossa, est largement en tête des votes. Alors que le Centre gabonais des élections (CGE) n’a pas encore annoncé de résultats officiels, malgré le faible nombre de bulletins et de procès-verbaux à compiler. La coalition, elle, prévoit déjà l’après-Bongo : Albert Ondo Ossa a demandé au président sortant de prévoir une « passation pacifique » du pouvoir. Une demande déjà vaine. Car tout le monde au Gabon sait qu’Ali Bongo Ondimba ne lâchera pas le pouvoir, même s’il est désavoué dans les urnes. Le terrain a d’ailleurs déjà été préparé à ce scénario : avant la présidentielle, un enregistrement d’une conversation présumée entre Albert Ondo Ossa et Alexandre Barro Chambrier a fuité. Le pouvoir a immédiatement sauté sur l’occasion pour accuser les deux hommes d’« atteinte à la sûreté de l’Etat », un terme fourre-tout généralement utilisé pour faire taire des voix dissidentes. S’ils sont, pour le moment, libres de leurs mouvements, les deux hommes pourraient prochainement être arrêtés par le pouvoir. Les arrestations d’opposants auraient d’ailleurs déjà commencé, avec celle de Francky Meboon, vice-président du parti politique REAGIR, soutien d’Alternance 2023. Pour le régime en place, la méthode n’est pas nouvelle. Alors que l’élection de 2016 touchait à son terme et que Jean Ping comptait ses voix d’avance, le mercredi 31 août, Ali Bongo Ondimba avait fait encercler le QG de Jean Ping. Officiellement pour trouver les coupables des incendiaires du Parlement. Officieusement pour mener une opération de terreur à l’encontre de l’opposition. En tout, 26 cadres de plusieurs formations d’opposition, qui étaient basés dans le QG de Ping, avait été forcés à dormir sur le sol et empêchés de sortir pendant 48 heures. Selon plusieurs sources gabonaises, le pouvoir prépare actuellement des vagues d’arrestations. Albert Ondo Ossa le sait et s’y est déjà préparé. DCW






