FAO /L’avenir alimentaire de l’Afrique se joue non seulement sur la terre, mais aussi dans ses eaux

Tribune d’opinion conjointe d’Abebe Haile-Gabriel, Sous-Directeur général de la FAO et Représentant régional pour l’Afrique, et de Manuel Barange, Sous-Directeur général de la FAO et Directeur de la Division des pêches et de l’aquaculture.

  • L’avenir alimentaire de l’Afrique se joue non seulement sur la terre, mais aussi dans ses eaux

     

    Tribune d’opinion conjointe d’Abebe Haile-Gabriel, Sous-Directeur général de la FAO et Représentant régional pour l’Afrique, et de Manuel Barange, Sous-Directeur général de la FAO et Directeur de la Division des pêches et de l’aquaculture.

    Partout en Afrique, la demande en aliments aquatiques augmente à mesure que la population croît. Pourtant, l’offre peine à suivre le rythme.

    Cette situation est importante, car les aliments aquatiques ne constituent pas un produit de niche en Afrique. Ils représentent une source essentielle de nourriture, de moyens d’existence et d’échanges commerciaux.

    Selon la dernière édition de The State of World Fisheries and Aquaculture, publiée par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à Mombasa, au Kenya, les aliments d’origine animale aquatique fournissent 19 pour cent des protéines animales disponibles sur le continent, soit la deuxième contribution la plus élevée au monde parmi les différentes régions. Dans certains pays et communautés, notamment le long des côtes, des fleuves, des rivières et des lacs, cette contribution est encore plus importante.

    Pourtant, l’Afrique affiche la plus faible disponibilité par habitant en aliments d’origine animale aquatique au monde, avec 9,1 kg par personne et par an, soit la moitié de la moyenne mondiale.

    Les pêches de capture durables sont indispensables à une économie bleue durable. Elles représentent 54 pour cent de la production mondiale d’animaux aquatiques, tandis que les pêches continentales nourrissent des millions de personnes. Dans la région des Grands Lacs, les bassins du Niger et du Congo, ainsi que dans d’innombrables écosystèmes d’eau douce, les pêches continentales fournissent une alimentation nutritive et abordable là où les alternatives sont souvent limitées, tout en soutenant des millions d’emplois tout au long de la chaîne de valeur dans les communautés rurales.

    Cependant, les pêches de capture à elles seules ne pourront pas répondre aux besoins alimentaires futurs de l’Afrique. Les stocks halieutiques sauvages ont des limites biologiques, et nombre d’entre eux sont déjà soumis à une forte pression. Dans le même temps, la population africaine continue de croître plus rapidement que dans toute autre région du monde. Selon la FAO, la production africaine d’aliments aquatiques devra augmenter de 7 pour cent d’ici à 2050 afin de maintenir les niveaux actuels de disponibilité par habitant. Sans action concertée, la croissance de l’offre ne suivra pas celle de la demande, entraînant une baisse de la disponibilité par habitant et une pression accrue sur les autres systèmes alimentaires.

    Aujourd’hui déjà, l’Afrique dépend des importations de produits animaux aquatiques pour répondre à la demande intérieure. Le continent est un importateur net de produits aquatiques en volume (mesuré en poids de produit). Alors que la population augmente et que les prix du poisson restent sous pression, la question de l’accès à des protéines abordables devient de plus en plus urgente. C’est là que l’aquaculture peut apporter une partie de la solution.

    L’aquaculture, c’est-à-dire l’élevage de poissons et d’autres animaux aquatiques, est le secteur de production alimentaire qui connaît la croissance la plus rapide au monde, et l’Afrique enregistre le taux de croissance le plus élevé. Depuis 2000, la production aquacole du continent a progressé de près de 8 pour cent par an en moyenne. Malgré cette dynamique, l’Afrique ne représente encore que 2,3 pour cent de la production mondiale d’animaux aquatiques issus de l’aquaculture. Cela illustre l’important potentiel de développement du secteur, qui ne représente actuellement que 18 pour cent de la production totale d’animaux aquatiques du continent.

    Des pays comme l’Égypte, le Nigéria, le Ghana, l’Ouganda et la Zambie montrent déjà ce qu’il est possible d’accomplir. À elle seule, l’Égypte produit les deux tiers du poisson d’élevage du continent. Toutefois, en dehors d’un nombre limité de pays, le potentiel du secteur reste largement inexploité. Les petits producteurs, qui constituent l’épine dorsale de la production dans de nombreux pays, continuent de se heurter à des difficultés d’accès aux financements et à l’appui technique nécessaires pour développer leurs activités.

    Pour combler cet écart, les gouvernements devront considérer les pêches, l’aquaculture et, plus largement, l’économie océanique comme des secteurs stratégiques étroitement liés à la sécurité alimentaire, à l’emploi et à la résilience économique, conformément aux ambitions du Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine (PDDAA).

    Cela implique d’investir dans la recherche, d’améliorer les systèmes d’approvisionnement en semences et en aliments aquacoles, de renforcer les services de vulgarisation et de mettre en place des cadres politiques favorables à l’investissement du secteur privé. Cela suppose également de renforcer la gestion des pêches continentales et marines, qui demeurent essentielles pour la nutrition, les moyens d’existence et les économies locales à travers le continent.

    Mais l’enjeu n’est pas seulement d’augmenter la production. L’Afrique a également l’occasion de développer des systèmes alimentaires aquatiques plus inclusifs, plus résilients et plus durables.

    Le continent dispose encore du temps nécessaire pour éviter certaines des erreurs environnementales observées ailleurs, notamment en favorisant dès le départ des systèmes aquacoles performants fondés sur une utilisation responsable de l’eau, une biosécurité rigoureuse et une meilleure planification spatiale.

    Les enjeux sont considérables. L’inaction ne ferait qu’accentuer l’écart entre la demande et la disponibilité, accroître la dépendance aux importations et exercer une pression encore plus forte sur des ressources déjà fragilisées. À l’inverse, grâce à des politiques adaptées et à des investissements ciblés, les aliments aquatiques pourraient devenir l’un des leviers les plus puissants dont dispose l’Afrique pour lutter contre la malnutrition, créer des emplois et bâtir des systèmes alimentaires plus résilients – une vision portée par le programme et la feuille de route de la Transformation bleue de la FAO.

    Ce qui provient des océans, des fleuves, des rivières et des lacs contribuera de manière déterminante à l’avenir économique et nutritionnel du continent.

    FIN

    Zoie Jones

    Food and Agriculture Organization of the United Nations

    Regional Communications Officer

    FAO Regional Office for Africa

    Tel: (+233) (0)50 647 6159 (Ghana cell and Whatsapp)

    Website: www.fao.org/africa

    Twitter: @FAOAfrica

     


    From: Jones, Zoie (FAORAF) <Zoie.Jones@fao.org>
    Sent: Tuesday, June 16, 2026 12:10 PM
    To: Jones, Zoie (FAORAF) <
    Zoie.Jones@fao.org>
    Subject: for publishing: OpEd by FAO’s Abebe Haile-Gabriel and Manuel Barange: Africa’s food future does not depend on land alone, but also on its waters.

     

     

     

    Africa’s food future does not depend on land alone, but also on its waters.

     

    Joint opinion piece by FAO Assistant Director-General and Regional Representative for Africa Abebe Haile-Gabriel and FAO Assistant Director-General and Director of the Fisheries and Aquaculture Division Manuel Barange.

    Across Africa, demand for aquatic foods is increasing as population grows. Yet, supply is struggling to keep the pace.

    This matters because aquatic foods are not a niche product in Africa. They are an important source of food, livelihoods and trade.

    According to the latest edition of the State of World Fisheries and Aquaculture, released by the Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO) in Mombasa, Kenya, aquatic animal foods provide 19 percent of animal protein available across the continent, which is the second highest share globally compared to other regions. In some countries and communities, particularly along coasts, rivers and lakes, that contribution is even higher. Yet, Africa has the lowest per capita availability of aquatic animal foods in the world – 9.1 kg per person and year, half of the global average.

    This highlights a challenge: aquatic foods are key to food security and nutrition in Africa but availability is struggling to keep pace with demand. For too long, discussions about Africa’s food security primarily focused on land-based agriculture. Crops and livestock are and will remain important, but Africa’s blue economy, including oceans, lakes and rivers are increasingly important and deserves greater strategic attention.

    Sustainable wild capture fisheries are indispensable for a sustainable blue economy. They account for 54% of global aquatic animal production, while inland fisheries feed and nourish millions. Across the Great Lakes region, the Niger basin, the Congo basin, and countless freshwater systems, inland fisheries provide affordable nutrition where alternatives are often limited and support millions of jobs across the value chain in rural communities where alternatives are limited.

    But capture fisheries alone cannot nourish Africa’s future food needs. However, wild fish stocks have biological limits and many are already under pressure. At the same time, Africa’s population continues to grow faster than any other region in the world. According to the FAO, Africa’s aquatic food production must grow by 7% by 2050 in order to ensure current per capita availability of aquatic foods. Unless action is taken supply growth will not keep up with production increases, reducing per capita availability and thus adding pressure to other food systems.

    Even today Africa relies on imported aquatic animal products to support domestic availability. The continent is a net importer of aquatic products by volume (measured in product weight). As the population grows and fish prices remain under pressure, the question of affordable protein is becoming urgent. This is where aquaculture can offer a solution.

    Aquaculture, the farming of fish and other aquatic animals, is the fastest-growing food production sector globally, and Africa is leading this growth rate. Since 2000, aquaculture production on the continent has grown by an average of almost 8 percent annually, but despite this the continent still produces only 2.3% of global animal aquaculture production. This underscores the potential in the continent, as aquaculture accounts for only 18 percent of Africa’s total aquatic animal production.

    Countries like Egypt, Nigeria, Ghana, Uganda and Zambia are demonstrating what is possible. Egypt alone produces two-thirds of Africa’s farmed fish. But with the exception of a handful of countries, the sector’s potential remains largely untapped. Small-scale producers, the backbone of production in many countries, still struggle to access the financial and technical support to expand their output.

    Closing this gap will require that governments treat fisheries and aquaculture and the broader ocean economy as strategic sectors linked to food security, employment and economic resilience in line with the ambitions of the Comprehensive Africa Agriculture Development Programme (CAADP).

    This means investing in research, improving aquaculture seed and feed supply systems, strengthening extension services and creating enabling policy environments that encourage private sector investments. It also means strengthening the management of inland and marine fisheries, which remain essential for nutrition, livelihoods and local economies across the continent.

    But the challenge now is not simply to increase production. Africa also has an opportunity to build aquatic food systems that are more inclusive, resilient and sustainable.

    The continent still has time to avoid some of the environmental mistakes seen elsewhere, for example by promoting efficient aquaculture systems based on responsible water use, strong biosecurity and better spatial planning from the outset.

    The stakes are high. Failure to act will deepen the gap between demand and availability, increasing reliance on imports and placing even greater pressure on already stressed resources. But with the right policies and investments, aquatic foods could become one of Africa’s strongest tools to fight malnutrition, creating jobs and building more resilient food systems, which is what the FAO Blue Transformation programme and roadmap are promoting.

    What comes from the ocean, rivers, and lakes will determine the continent’s economic and nutritional future.

    ENDS

     

    Zoie Jones

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    Regional Communications Officer

    FAO Regional Office for Africa

    Tel: (+233) (0)50 647 6159 (Ghana cell and Whatsapp)

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