
Protéger le bassin du Congo : Quand la science et le leadership parlementaire façonnent le climat en Afrique centrale.
Les travaux de la Conférence parlementaire sur la science, la gouvernance environnementale et les financements climatiques en Afrique centrale ont démarré ce jour au palais de l’Assemblée Nationale à Yaoundé. Porté par le REPAR, le rassemblement s’appuie sur l’expertise de l’OFAC, de la COMIFAC et du réseau CIFOR-ICRAF (Landscape Alliance), et bénéficie d’une enveloppe financière accordée par l’Union européenne à travers son projet OFAC-CE.
Cette rencontre majeure rassemble des parlementaires de toute la sous-région, des ministres, des représentants de banques de développement, des scientifiques et des partenaires techniques et financiers.
Un rôle écologique mondial face à un paradoxe financier
Le bassin du Congo constitue l’un des plus importants massifs forestiers tropicaux au monde. Avec environ 40 gigatonnes de carbone séquestrées (soit près de 10 % du carbone forestier mondial), il joue un rôle critique dans la régulation du climat global.
Pourtant, la sous-région fait face à un paradoxe majeur : elle demeure insuffisamment soutenue par les mécanismes internationaux de finance climatique. En cause, des contraintes institutionnelles et législatives ainsi qu’un déficit d’ingénierie financière environnementale. À cela s’ajoutent la non-opérationnalisation de la taxe environnementale de la CEEAC et une part budgétaire nationale consacrée à l’environnement qui reste marginale.
Une passerelle stratégique entre la science et la décision politique
Pour lever ces freins, la conférence vise à transformer les données scientifiques de l’OFAC et les travaux de recherche en un véritable outil d’action législative, de budgétisation et de contrôle de l’action publique.
Lors de la session d’ouverture, le représentant de la COMIFAC a souligné l’importance de cette synergie :
« Ces orientations consacrent l’OFAC comme un centre d’excellence et une référence mondiale pour la gouvernance des données scientifiques sur les forêts et l’écosystème d’Afrique Centrale. Le défi est désormais de renforcer le dialogue entre la science et la politique afin que les données répondent aux priorités de la sous-région et se traduisent en décisions, en lois, en budgets et en actions concrètes. »
Rappelant le rôle déterminant des élus, il a exhorté ces derniers à exercer pleinement leurs prérogatives constitutionnelles :
« Par le vote des lois et des budgets, par le contrôle de l’action publique et par la diplomatie parlementaire, vous pouvez contribuer à traduire les engagements régionaux en réalisations tangibles. »
Appel à une réponse structurelle
Représentant l’Honorable Président de l’Assemblée Nationale du Cameroun, l’Honorable Hilarion Etong, Vice-Président de la Chambre, a insisté sur la nécessité de réformes en profondeur :
« La finance climatique constitue à cet égard un enjeu majeur pour nos États. Il nous faut donc renforcer nos capacités nationales, améliorer la préparation des projets crédibles et bancables, mieux valoriser les données dont nous disposons et consolider la coopération entre les institutions. »
Il a conclu sur l’importance de la solidarité internationale :
« La préservation du Bassin du Congo appelle une responsabilité partagée et une coopération renforcée entre nos pays et la communauté internationale. Vive le Bassin du Congo, patrimoine naturel partagé et bien commun de l’humanité ! »
Engagement vers des réformes tangibles et livrables attendus
À l’issue de ces trois journées de travaux dédiées à la justice climatique, aux marchés carbones et à l’harmonisation des législations sous-régionales, plusieurs retombées majeures sont attendues. Parmi les livrables clés figurent l’adoption d’une Feuille de Route Parlementaire Régionale visant à ancrer les données scientifiques au cœur des arbitrages budgétaires et législatifs, une Déclaration finale du REPAR axée sur le suivi des financements internationaux, en référence à l’Appel de Belém, ainsi que des orientations stratégiques pour cadrer le marché du carbone. En marge des sessions, l’événement s’enrichit du vernissage officiel du rapport sur l’État des Forêts d’Afrique Centrale (EDF 2025) et de l’annonce du lancement de la future édition 2026.
WLD





