La production locale de la viande de bœuf ne satisfait pas la demande du marché interne de ce produit. Ce qui crée une surchauffe des prix de ce produit, surtout en période des fêtes. Toute chose qui préoccupe les pouvoirs publics au plus haut niveau. Dans une correspondance du 6 janvier 2022, directement adressée au ministre de l’Élevage, de Pêches et des Industries animales, Dr Taïga, le secrétaire général de la présidence de la République (SGPR), Ferdinand Ngoh Ngoh enjoint ce dernier de « travailler à la structuration de la filière bovine», afin «d’éviter à l’avenir le phénomène de hausse des prix de la viande de bœuf récemment observé» dans les marchés du pays.
Ferdinand Ngoh Ngoh prescrit d’ailleurs une feuille de route au ministre Taïga. « Cette structuration devra viser la résolution de tous les problèmes identifiés dans ce secteur, notamment l’insuffisance de l’offre nationale et la forte dépendance de notre marché vis-à-vis du bétail provenant de l’extérieur, l’incapacité des bouchers à s’autofinancer, l’absence d’encadrement des acteurs, la lente opérationnalisation du marché à bétail d’Etoudi»
De l’avis de certains opérateurs de la filière, cette feuille de route du SGPR, qui résume les principales missions dévolues au ministère de l’Élevage, sonne comme un camouflet aux responsables de ce département ministériel, dont les résultats du travail ne seraient pas véritablement ressentis surle terrain. Selon une étude du Bureau de mise à niveau des entreprises (BMN), au cours de l’année 2019, par exemple, le Cameroun a pourtant porté sa production de viande bovine à 107000 tonnes, surclassant ainsi pour une fois la production avicole, qui fournissait jusqu’ici au pays la plus grande partie de sa production carnée. Mais l’on peut remarquer que cet essoufflement de la production avicole en 2019 survient après deux épizooties de grippe aviaire, qui ont littéralement affaibli la filière avicole locale entre 2016 et 2017.
Au ministère de l’Élevage, on rassure que la correspondance du SGPR fait l’objet d’une attention particulière. «Nous avons reçu une instruction et le dossier est en cours de traitement en interne», souffle un haut cadre de ce département ministériel, sans plus de détails. D’ailleurs, cette situation ne les surprend guère. On se rappelle que le 13 juillet 2021 par exemple, la Société de développement et d’exploitation des produits animales (Sodepa) lançait un appel à manifestation d’intérêt, en vue de l’établissement d’un vivier de fournisseurs de bétail pour l’année 2021. Cette offre avait pour but de constituer des stocks pour sécuriserl’approvisionnement du marché de la viande bovine, dans le contexte actuel de la pandémie du Covid-19.
Pour rappel, la consommation de la viande bovine devient de plus en plus importante dans le pays. Au cours de l’année 2019, par exemple, le Cameroun a produit un peu plus de 107000 tonnes de viande bovine, selon une étude du Bureau de mise à niveau des entreprises (BMN) camerounaises. Cette année-là, la production bovine avait surclassé la production avicole, qui fournissait jusqu’ici au pays la plus grande partie de sa production carnée.






