Qu’est-ce qui ressort de la dernière session du Comité de régulation de la filière huile de palme brute tenue récemment au ministère du Commerce et quelles sont les perspectives pour l’année 2022 ?
Il était question de traiter des problèmes classiques mais, aussi de faire un bilan de ce que l’année aura été pour le Comité. Nous avons procédé, selon la formule mise en place, à la répartition des quotas de production d’huile de palme brute aux transformateurs.
Le constat qui se dégage est que la production nationale continue à suivre sa baisse drastique, compte tenu de la période actuelle. Il fautrappeler que le cycle végétatif de l’huile de palme obéit à un cycle contra-cyclique c’est-à-dire la première période qui va de janvier à fin mai. C’est la période de hausse de production et à partir de fin juin, c’est la période descendante. Le mois de janvier est souvent aussi une période de pic de baisse de production.
Nous avons pu distribuer 6000 tonnes, ce qui est insuffisante par rapport à la demande des consommateurs. A partir de janvier 2022, il y aura une tendance haussière de la production. Le marché est approvisionné ce d’autant plus que les transformateurs ont eu un appui du gouvernement en termes d’importation de l’huile de palme brute, à l’effet de combler le gap de la production nationale. Nous sommes satisfaits des efforts du gouvernement, et du travail abattu parle comité en 2021, satisfaction qui va dans le sens que nous pouvons assurer qu’il n’y aura pas rupture en approvisionnement sur le marché domestique.
Qu’est-ce qui ressort de la mission d’évaluation faites dans les bassins de production en octobre dernier ?
Nous avons procédé à l’évaluation des usines de transformation pendant le mois d’octobre, à l’effet de s’assurer des aménagements éventuels apportés au niveau de l’amélioration des capacités de ces unités. Mais également, pour s’assurer du respect des normes règlementaires en matière de transformation. Je pense là, à la norme NC77 et puis aux autres normes relatives à l’étiquetage etc…
S’il est vrai que certaines unités ne travaillaient pratiquement pas du fait de la pénurie d’huile, dans l’ensemble, elles ont travaillé dur selon l’importation obtenue du gouvernement. Globalement, le constat est positif mais, il y a encore des efforts à fournir de manière à ce que ces unités qui travaillent en dessous de 50% de leur capacité puisse travailler réellement.
Le deuxième fait saillant est qu’en 2022, il faudra s’attendre à l’entrée des nouvelles unités dans la chaine, ce qui nécessite encore un effort sur la production nationale. Car, tant que le déficit de la production nationale va continuer et qu’on aura de nouvelles entrées, il y aura toujours ce problème d’incapacité des raffineurs à travailler. D’où la nécessité de s’assurer que les agro-industries peuvent faire quelque chose. Malheureusement, l’épineux problème de la crise sécuritaire demeure dans la zone du SudOuest et fragilise gravement la production nationale. Une fois de plus, on va se retourner vers la solution palliative qui est celle des importations à l’effet d’approvisionner les marchés.
Elle se poursuivra en zone Cemac ?
L’importation en zone Cemac pose problème car, la zone privilégiée c’est le Gabon à travers Olam-Gabon. Malheureusement, ses capacités de production ne sont pas à même de satisfaire la demande des unités de production. C’est pourquoi cette année, nous avons sollicité et obtenu l’autorisation d’importation dans l’entièreté de la Zlecaf. Au début, nous étions à 40 000 tonnes pour la zone Cemac. Ne pouvant satisfaire cette demande, on a demandé au gouvernement l’ouverture à d’autres zones. L’importance de cette mesure est que les mêmes conditions acquises en zone Cemac ont été étendues en zone Zlecaf, pour faciliter la disponibilité de la matière première.
Comment comptez-vous davantage apporter votre contribution à l’assainissement des marchés ?
L’assainissement c’est le maitre-mot. Nous allons poursuivre le respect du processus de qualité pour nos usines, autant pour les huiles importées, étant donné qu’elles devraient respecter les normes au Cameroun. Nous devons donc continuer à contrôler. C’est un travail en synergie avec la Brigade nationale de contrôle et de répression des fraudes. Sur le plan qualitatif, il y a le respect de la norme NC77 et je crois que de plus en plus, toutes nos unités s’arriment au processus qualité pour la bonne marche de la filière et l’approvisionnement du marché.





