





Opérationnalisation de la ZLECAF
Le Gouvernement Camerounais continuera à accorder une attention particulière
Dans le cadre de la continuité de l’appui apporté par la CEA à la mise en œuvre de la ZLECAF en Afrique centrale, le Bureau Sous-Régional de la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique centrale, organise à Yaoundé le Séminaire Régional sur le thème : « Accélérer l’opérationnalisation de la ZLECAF en Afrique Centrale : Appui au développement des capacités techniques des Comités Nationaux de Mise en Œuvre ». Il vise à renforcer l’efficacité des comités nationaux qui constituent des mécanismes essentiels chargés de faciliter l’Accord à travers des réformes, des services aux opérateurs économiques et des actions concrètes favorisant le commerce.
En zone CEMAC, la concrétisation des engagements pris au titre de la ZLECAF en transactions commerciales effectives demeure limitée .Heureusement , le Cameroun dans le cadre de l’initiative du commerce guidé de la ZLECAF, reste présentement l’unique pays de la sous-région à avoir réalisé des échanges dans le cadre des préférences commerciales de l’Accord .D’où l’importance d’accélérer la préparation institutionnelle et opérationnelle des Etats afin de permettre à plusieurs entreprises d’accélérer au marché unique continental .
L’importance de ce de rendez-vous communautaire du 4 au 7 août 2026 et dont la cérémonie d’ouverture le mardi hier était présidée au nom du Ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana par Mme la Secrétaire Générale, Pr Brusil Miranda Metou n’est plus à démontrer. Les travaux sont organisés en collaboration avec la Commission économique pour l’Afrique (CEA),à travers son Bureau sous -régional pour l’Afrique centrale ,le Centre africain de politique commerciale (CAPC) et l’Institut africain de développement économique et de planification (IDEP) en partenariat avec le Centre de services régional pour l’Afrique du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD),le Centre du commerce international (CCI) ,l’Organisation internationale pour les Migrations,(OIM),et en consultation avec le secrétariat de la ZLECAF.
De nombreux défis
Il est question pour la CEA d’apporter une réponse concrète aux défis qui interpellent les milieux d’affaires. La Zlecaf pour le Cameroun, va bien au-delà d’un simple mécanisme de libéralisation des échanges commerciaux. Ce levier stratégique de transformation de l’économie de notre pays et un instrument privilégie pour la réalisation des objectifs fixés par la Vision du Cameroun 2035 et la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030, offre un cadre propice à l’accélération de l’industrialisation, la diversification de l’offre exportable, au développement des chaines de valeur nationales, ainsi qu’au renforcement de la compétitivité des entreprises sur les marchés africains et internationaux.
Selon le Secrétaire General, « la ZLECAF s’inscrit également en parfaite cohérence avec les orientations du Gouvernement visant à promouvoir la politique de substitution aux importations , à accroitre les exportations, notamment celles des produits non pétroliers ,et à favoriser une meilleure insertion de notre économie dans les chaines de valeur régionales et continentales .L’ambition du Cameroun est donc claire :faire du marché unique africain un véritable espace de création de richesses, de développement industriel, d’innovation et d’expansion pour les entreprises camerounaises » .
Les opportunités qu’offre cet instrument étant nombreux, dès l’ entrée en vigueur de l’Accord, un ensemble de reformes et d’actions destinées à préparer l’économie camerounaise à tirer parti du marché continental ont été entreprises :la mise en place du Comité National de mise en œuvre de la ZLECAF, l’élaboration des principaux instruments nationaux d’accompagnement, la conduite de vastes campagnes de sensibilisation à l’endroit du secteur privé, la participation du Cameroun aux négociations continentales, ainsi que le renforcement des capacités des administrations publiques et des opérateurs économiques .
Élaboration d’un Guide pratique
L’ensemble de ces initiatives s’inscrit dans le cadre de la Stratégie nationale de mise en œuvre de la ZLECAF, élaborée en partenariat avec la CEA et adoptée le 22 avril 2020.A ceci s’ajoute l’élaboration d’un Guide pratique, étape par étape, sur le commerce des marchandises dans le cadre de la ZLECAF, destiné à accompagner les opérateurs économiques dans l’utilisation effective de l’Accord. Elles s’inscrivent dans le droit fil des Très Hautes Orientations du président de la République, Paul Biya qui dans son discours de fin d’année à la Nation du 31 décembre 2022,soulignait : « Le Gouvernement continuera à accorder une attention particulière à la mise en œuvre coordonnée de la politique d’import-substitution, et l’exploitation optimale des opportunités qu’offre la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine ».
A en croire Mme la SG, la mise en œuvre de la ZLECAF, le défi pour l’Afrique Centrale n’est plus seulement la maitrise des dispositions techniques ou la ratification des instruments juridiques ; « il consiste désormais à faire de cet Accord un véritable moteur de transformation structurelle de nos économies, de création de la valeur ajoutée, d’industrialisation ;de diversification de nos exportations et d’intensification des échanges commerciaux être les pays africains ».
Projet phare de l’Union Africaine
Les obstacles pour son implémentation sont nombreux :le faible niveau des échanges intra-régionaux ,des coûts de logistique élevés, l’insuffisance des infrastructures de transport et de facilitation des échanges, de la faible transformation locale des matières premières, de la persistance des barrières non tarifaires ,des difficultés d’accès au financement pour les PME, et du déficit d’information commerciale et de veille sur les marchés africains .D’où la création des Comités nationaux de mise en œuvre de la ZLECAF appelés à fédérer l’action des administrations publiques, du secteur privé, des universités et centres de recherche, des organisations professionnelles, de la société civile ,des partenaires techniques et financiers .
Pour atteindre les objectifs, la promotion de la participation accrue des jeunes entrepreneurs et des femmes entrepreneures est un impératif catégorique. D’après jean- Luc Mastaki Namegabe, Directeur Bureau Sous-Régional pour l’Afrique Centrale, « la ZLECAF constitue l’un des projets phares de l’Union Africaine depuis sa création. Son véritable succès dépendra de sa mise en œuvre dans nos pays. Les niveaux d’avancement demeurent malléables et les défis persistent. Nous examinerons ensemble les progrès accomplis, les obstacles et les bonnes pratiques rencontrées au sein de la Sous-Région. Les participants bénéficieront des sessions de renforcement des capacités sur les règles d’origine, le commerce électronique .Une attention particulière sur les femmes et les jeunes, les micro et moyennes entreprises, la ZLECAF ne pourra atteindre son plein potentiel que si les bénéfices profitent à toutes les catégories d’acteurs économiques ».
Propositions de la CEA
En Afrique centrale les progrès significatifs ont été enregistrés ces dernières années. L’Afrique centrale dispose d’atouts considérables ; un marché de plus de 200 millions d’habitants et une position stratégique. « Hélas, le niveau du commerce intrarégional demeure encore en deçà des espérances. La ZLECAF nous offre donc l’opportunité de changer cette réalité. En stimulant les échanges entre nous, renforçant les chaines de valeurs régionales, créant davantage d’emplois. Pour saisir cette opportunité historique nous devons renforcer la coopération, partager les expériences, harmoniser nos approches »,a déclaré le patron de la CEA .
C’était l’occasion une fois de plus pour lui, de renouveler les remerciements de la CEA aux autorités Camerounaises pour leur collaboration exemplaire dans l’organisation de cet évènement et pour le leadership qu’exerce le Cameroun dans les efforts d’intégration économique du continent. Au cours des travaux, les participants examineront l’état d’avancement de la mise en œuvre au niveau national, partageront leurs capacités institutionnelles et techniques .Ils porteront sur la gouvernance des Comités, le commerce des biens et des services, le commerce numérique, l’inclusion des femmes, des jeunes, et des micros, petites et moyennes entreprises, l’engagement du secteur privé, les normes et l’infrastructure qualité, l’intelligence commerciale, le développement des chaines de valeur ainsi que des mécanismes de suivi, d’évaluation et de reporting.
Joseph Kapo





