

Contribution des forêts à la sécurité alimentaire et à la nutrition
Le potentiel de 04 Produits Forestiers Non Ligneux phares identifié
Leur contribution à la préservation de la sécurité alimentaire et à la nutrition a été relevée au cours d’un atelier conjoint MINFOF/FAO à Yaoundé.
Les forêts font l’objet d’une attention accrue pour leur rôle dans l’atténuation et l’adaptation au changement climatique et la conservation de la biodiversité, mais leur contribution aux systèmes agroalimentaires durables a tendance à être négligée dans les politiques et les pratiques. Et ce, malgré de plus en plus de preuves illustrant les avantages des forêts, des arbres et des plantes et animaux dérivés pour des systèmes agroalimentaires sains et durables. Reconnaissant les multiples liens entre l’agriculture et la foresterie, les pays membres de la FAO ont récemment conseillé à ses organes directeurs de mieux coordonner les questions liées à la foresterie et à l’agriculture, et ont demandé à la FAO de renforcer ses travaux sur la contribution des forêts à la sécurité alimentaire et à la nutrition. Ce rappel a été fait ce jeudi 12 décembre à l’occasion de l’Atelier de lancement et présentation de l’état d’avancement du Projet TCP/INT309 intitulé « Strenghthening Country Capacities to Enable Forest-based Contributions to Healthy and Sustainable Agrifoo Systems ».Il s’agit d’un Projet de Coopération technique entre la FAO et le MINFOF. Cet atelier a connu la présence des différentes parties engagées pour la valorisation des ressources forestières et singulièrement la valorisation du potentiel non ligneux qui compte de plus en plus pour l’amélioration de la nutrition, de la sécurité alimentaire et des moyens d’existence :les représentants des institutions gouvernementales (forêts, alimentation et agriculture, santé, environnement, affaires étrangères et culture), universités, ONG, communautés locales et autochtones, société civile, partenaires de développement et secteur privé.
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Pour le représentant du MINFOF, les forêts font l’objet d’une attention accrue en raison de leurs rôles de production et de régulation, ainsi que celui de la conservation de la biodiversité. Cependant, le rôle spécifique aux systèmes agroalimentaires durables a tendance à être négligée, aussi bien dans les politiques que dans les pratiques, et, ce, malgré des preuves de plus en plus nombreuses illustrant les avantages des forêts, des arbres, des plantes et animaux dérivés pour des systèmes agroalimentaires sains et durables. La riche biodiversité connue des forêts du Bassin du Congo en général et celle dévolue aux forets camerounaises en particulier, constituent un moyen de subsistance réel pour la population. Le secteur forestier représente en effet plus de 15000 emplois directs et 170000 emplois indirects, tandis que l’alimentation traditionnelle comprend des fruits sauvages, des noix, des feuilles, des insectes et des animaux sauvages.
« En dépit de ce potentiel, l’insécurité alimentaire dans le pays a augmenté pour atteindre 58,5%.Ce chiffre contraste avec la tendance à la baisse observée depuis 2017 selon les travaux de la FAO de 2023.L’augmentation du cout de la vie, en en particulier des prix des denrées alimentaires, a un impact sur les ménages les plus vulnérables. Selon la Banque Mondiale, le niveau de pauvreté reste élevé et largement stagnant en raison de la faible croissance économique, combinée à une croissance démographique plus rapide. La FAO, estime qu’environ 60,5% de la population n’a pas les moyens de s’offrir un régime alimentaire sain. Il est donc essentiel d’identifier des aliments et des systèmes durables, sains et alternatifs qui nécessitent peu d’intrants pour lutter contre l’insécurité alimentaire et la perte de biodiversité dans le pays » a relevé Joseph Nyongwen .Pour une gestion durable, des Produits Forestiers Non Ligneux, le Cameroun a élaboré son Plan National de Développement de ces ressources. La troisième édition dudit Plan a pour vision « A l’horizon 2030, le développement des filières Produits Forestiers Non Ligneux contribue à la croissance économique et à l’amélioration des conditions de vie des populations à travers une gestion et une valorisation soutenue qui intègrent l’accès à la ressource et l’amélioration du capital de production.» .
Mangue Sauvage, le Djansang,l’Okok,les Champignons
Le Cameroun dispose d’un « Le Plan de Développement des Produits Forestiers Non Ligneux qui repose sur des principes de base dont celui qui soutend que « les Produits Forestiers Non Ligneux contribuent à la sécurité alimentaire et procurent des revenus aux populations rurales ; leur gestion s’intégrant dans la SND30 et figure dans les politiques nationales, sous régionales et internationales de développement économiques ».Le projet présenté hier va identifier le potentiel de 04 Produits Forestiers Non Ligneux phares (Mangue Sauvage,le Djansang,l’Okok,les Champignons auxquels s’adjoignent les chenilles. Ces produits pourront contribuer à des systèmes agroalimentaires sains et durables et permettre d’intensifier les travaux visant à renforcer la contribution de ces produits à l’amélioration de la biodiversité. Le projet vise à renforcer et à institutionnaliser les capacités gouvernementales à appuyer les interventions et à mobiliser des ressources pour accroître les contributions du secteur forestier à des systèmes alimentaires sains et durables. Il vise notamment à : Renforcer les capacités en matière de données et de connaissances sur les aliments forestiers, les PFNL et les systèmes alimentaires associés afin de faciliter la production de données scientifiques solides pour les décideurs politiques et financiers ; Promouvoir un environnement favorable en renforçant le dialogue multisectoriel et les interventions et politiques associées, en assurant la représentation des femmes, des peuples autochtones et des communautés locales ; et Catalyser le financement des donateurs multilatéraux et bilatéraux pour soutenir et intensifier les interventions identifiées au cours des activités du projet proposé dans le cadre du PCT.
Le représentant de la FAO Sven Walter Senior forestry officer division des forêts a indiqué qu’ :« Il proposera des initiatives visant à mettre en échelle la contribution des aliments forestiers et d’autres produits forestiers non- ligneux aux systèmes agro-alimentaires .Il nous permettra d’actualiser les données sur les PNFL de manière générale, d’améliorer les informations sur l’aspect nutritif de ces produits encore partiellement négligés et d’identifier les opportunités pour la valorisation des revenus . Je vais saluer le Minfof pour l’actualisation et la mise en œuvre de ce plan qui servira d’exemple aux autres pays tels ceux d’Amérique latine, d’Asie et du pacifique .Il permettra à mettre les résultats du projet dans une perspective globale et de tirer les conclusions techniques et politiques qui pourraient être discutées avec la FAO au niveau mondial ».
Le Cameroun est remarquablement riche en biodiversité. Selon la FAO, « Malgré sa riche diversité représentée également dans l’alimentation, l’insécurité alimentaire dans le pays a augmenté pour atteindre 58,5 % de la population totale du pays, contrastant avec la tendance à la baisse observée depuis 2017.L’augmentation du coût de la vie, en particulier des prix des denrées alimentaires, a un impact négatif sur les ménages, en particulier les plus vulnérables. Les niveaux de pauvreté restent élevés et stagnent en grande partie en raison de la faiblesse de la croissance économique, combinée à une croissance démographique plus rapide. Environ 60,5 % de la population n’a pas les moyens de s’offrir une alimentation saine. Il est essentiel d’identifier des aliments et des systèmes durables, sains et alternatifs qui nécessitent peu d’intrants pour lutter contre l’insécurité alimentaire et la perte de biodiversité dans le pays ».
La réunion avait pour objectifs d’informer les principaux intervenants de la raison d’être, de la portée, des objectifs et des principaux résultats du projet, solliciter des contributions à la méthodologie du projet, identifier des sources de données supplémentaires, des projets pertinents et des partenaires potentiels pour la mise en œuvre du projet et la mise à l’échelle de l’initiative.
Joseph Kapo






