Les membres de la Confédération générale des entreprises algériennes ont d’abord été reçus en audience à l’Immeuble rose parle ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana. Sous la conduite de la présidente de la Confédération des entreprises algériennes, Saida Neghza, une cinquantaine de patrons d’entreprises des différents secteurs d’activités : BTP, agro-industrie, industrie pharmaceutique, hydraulique, médico-sanitaire, électroménager, matériaux de construction, bois, ont échangé avec le ministre du Commerce. Cette mission économique pendant son séjour, du 22 au 28 janvier 2023, a rencontré des membres du gouvernement, les responsables de l’Agence de Promotion des investissements, de la Chambre d’Agriculture, des Pêches, de l’Elevage et des Forêts à Yaoundé.
Des rencontres similaires ont eu lieu dans la capitale économique : une séance de travail à la chambre de Commerce, couplée de la signature d’un projet d’accord portant création d’un Conseil des hommes d’affaires algéro-camerounais, un forum économique, suivie de la visite au Port autonome de Douala (PAD) et au Groupement inter-patronal du Cameroun (GICAM). Pour favoriser la connaissance mutuelle entre les opérateurs économiques. Décolonisation du commerce.
En cette période de mise en œuvre de la Zlecaf, les différents patrons d’entreprises semblent avoir compris l’urgence de sortir du cadre du troc moderne, pour parvenir à l’investissement. Saida Neghza soutient qu’« il faut arrêter d’importer. Il faut produire sur place. Nous envisageons d’avoir un village d’Algérie au Cameroun, comme c’est déjà le cas au Niger, et au Nigeria ». Le ministre Luc Magloire Mbarga Atangana, à l’issue de l’audience précise que, « l’accent est mis sur les infrastructures, les BTP, et l’industrialisation commence par-là, la santé. C’est une mission complète, une cinquantaine d’opérateurs économiques algériens qui ont souhaité venir voir ce qui se passe sur place, ce qui se fait de bien, ce qui peut être fait pour améliorerles échanges commerciaux en Afrique. L’idée maitresse, c’est la transformation des produits agricoles. » Le chef de la diplomatie algérienne pense que ces chefs d’entreprises sont venus aider leurs homologues camerounais. S.E Komidor Njimoluh, ambassadeur du Cameroun en Algérie recommande « qu’on cesse la colonisation de nos rapports, qu’on décolonise le commerce, qu’on cesse le commerce triangulaire, qu’on se mette ensemble pour consoliderl’idéal africain de développement. Il est important que cette délégation soit venue, et nous sommes dans la dynamique de la mise en œuvre de la ZLECAF ».
La relation doit sortir du cadre du troc moderne. Les Etats doivent recourir à la transformation structurelle de l’économie. C’est pourquoi ils veulent désormais acheter du bois camerounais, sans passer par des intermédiaires. Au siège du Groupement inter-patronal du Cameroun (GICAM) à Douala le 27 janvier 2023, une quarantaine de chefs d’entreprises y était, en présence de l’ambassadeur d’Algérie. Le but visé était de présenter aux opérateurs économiques camerounais, les opportunités d’investissement et de partenariat. Dans les secteurs ci-après : agriculture, élevage, agroalimentaire, électricité, électronique, énergie, BTP, céramique, construction navale, métallurgie, métrologie, numérique, télésurveillance, télécommunications, hôtellerie, tourisme, santé, transport, logistique, médias. Selon Célestin Tawamba, président du GICAM, sa structure représente 70 % des chiffres d’affaires des entreprises modernes, 70 % de contribution aux recettes fiscales, 45 % du Pib et plus de 45 % des effectifs d’emplois au Cameroun. Avant de poursuivre que « le Cameroun constitue 70 % du PIB de la sous-région. C’est l’endroit en Afrique subsaharienne où il faut investir. En termes de capital humain, le Cameroun peut se vanter d’être le pays où il y a le plus de compétences en Afrique subsaharienne, parmi lesquelles de grandes compétences féminines ». Ce fut une mission fructueuse. Et d’après Saida Neghza, « nous avons signé des protocoles pour sept coopératives dans les secteurs du café, de la transformation agroalimentaire, le coton, le bois. Nous allons emmener des investisseurs qui vont mettre en place un port sec qui va coûter 500 millions d’euros, soit 327,9 milliards de FCFA. Nous avons signé des conventions avec la Chambre de Commerce. Globalement, l’objectif a été atteint à 100 %. Nous avons signé des conventions ce 27 janvier, et nous reviendrons dans un futur proche pour signer d’autres ».
Madeleine Edimo






