ADDIS-ABEBA/Le douzième Forum régional africain pour le développement durable (ARFSD12) appelle à un financement efficace pour la résilience climatique et le développement durable

Les ambitions de développement de l’Afrique ne sont pas freinées par un manque de vision, mais par l’ampleur, le coût et la structure des financements disponibles pour les concrétiser, ont déclaré les intervenants

  • Communiqué de Presse

     

    Le douzième Forum régional africain pour le développement durable (ARFSD12) appelle à un financement efficace pour la résilience climatique et le développement durable

    ARFSD12 calls for finance that delivers on climate resilience and sustainable development

     

    Addis-Abeba, le 28 avril 2026 –Les ambitions de développement de l’Afrique ne sont pas freinées par un manque de vision, mais par l’ampleur, le coût et la structure des financements disponibles pour les concrétiser, ont déclaré les intervenants lors de deux t

    Ces discussions, tenues sur les thèmes de l’intensification des actions transformatrices et coordonnées pour le Programme 2030 et l’Agenda 2063, et du déblocage des financements pour la résilience climatique et le développement durable en Afrique, ont réuni des ministres, des représentants d’institutions continentales, des responsables du financement du développement, des négociateurs sur le climat, des membres de la société civile et des organisations internationales.

    Un message central est revenu parmi les intervenants : le défi de l’Afrique n’est pas l’ambition, mais la mise en œuvre. Cette mise en œuvre, ont-ils souligné, exige un financement abordable, des systèmes nationaux plus robustes, des portefeuilles de projets bancables, des données fiables et une architecture financière mondiale réformée qui tienne compte des réalités africaines.

    Le Secrétaire exécutif de la CEA et Modérateur des deux sessions, Claver Gatete, a déclaré que l’Afrique devait protéger ses investissements dans le climat et le développement, même sous forte pression budgétaire. Il a souligné que la réduction des risques, qu’ils concernent le change, le climat ou qu’ils soient liés aux politiques, était essentielle à la mobilisation des capitaux nationaux et privés.

    Les intervenants ont noté que l’Afrique continuait de faire face à un coût du capital disproportionné, dû en partie aux faiblesses de l’Architecture financière internationale. Les méthodologies de notation de crédit, les pratiques de pondération des risques et les cadres d’adéquation des fonds propres ont été cités comme des facteurs limitant les investissements dans la résilience climatique, les infrastructures et le développement durable.

    Le Ministre éthiopien des Affaires étrangères et président désigné de la trente-deuxième Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, Timothewos, a défini le contexte stratégique en ancrant le débat dans la responsabilité africaine et le leadership mondial.

    « L’expérience de l’Afrique en matière de développement durable continue de mettre en lumière un défi majeur : la persistance d’obstacles structurels, d’importants déficits de financement, l’alourdissement de la dette, le déclin des investissements et le coût élevé du capital compromettent les acquis durement obtenus en matière de développement ».

    « La présidence éthiopienne de la COP32 placera systématiquement l’action climatique au cœur du développement durable et de l’élimination de la pauvreté. La mise en œuvre sera au centre de notre présidence, avec un renforcement des institutions et une accélération du soutien à l’élaboration des plans nationaux d’adaptation et des stratégies à long terme », a-t-il ajouté.

    Les intervenants ont souligné que les flux de financement climatique demeurent déséquilibrés, imprévisibles et fortement orientés vers l’atténuation, tandis que les ressources sous forme de subventions pour l’adaptation, la gestion des pertes et dommages et la réduction des risques de catastrophe restent insuffisantes. Ce décalage, ont-ils affirmé, ne reflète pas la vulnérabilité et les besoins de développement du continent.

    Le Directeur et Chef pour la région Afrique chez Convergence Blended Finance, Aakif Merchant, a présenté des perspectives stratégiques sur le Programme d’action de Séville visant à mobiliser des financements pour la résilience climatique et le développement durable, en soulignant le rôle du financement mixte pour faire passer des instruments prometteurs de la phase pilote à une échelle plus large.

    L’expérience du Rwanda a également été citée comme exemple de la manière dont la résilience climatique peut être intégrée à la planification nationale du développement. La Ministre rwandaise de l’environnement, Bernadette Arakwiye, a partagé les enseignements tirés de la transition du Rwanda, passant de la mise en œuvre de projets fragmentés à des plateformes d’investissement nationales pilotées par le pays et alignées sur des priorités nationales claires, telles que la budgétisation verte, les fonds environnementaux et une coordination institutionnelle renforcée, afin d’aligner le financement climatique national et international sur les priorités de développement.

    Le Président du Groupe africain de négociateurs sur les changements climatiques, Antwi-Boasiako Amoah, a insisté sur la nécessité d’un financement équitable, prévisible et accessible, adapté aux réalités du développement africain, et non sur la nécessité de simples promesses. Il a notamment souligné l’importance d’un financement prévisible et accessible, sous forme de subventions et de financements concessionnels, pour soutenir l’adaptation et la résilience, une transition juste, la prise en compte des pertes et dommages et l’industrialisation verte.

    La Directrice générale des Fonds d’investissement climatique, Tariye Gbadegesin, a souligné l’importance des plateformes de financement climatique à grande échelle pour accélérer la transition de projets pilotes isolés à des solutions déployables, capables de soutenir l’industrialisation verte et la résilience sur l’ensemble du continent. Elle a noté des preuves de plus en plus nombreuses que l’investissement dans la résilience, la protection des systèmes alimentaires, des systèmes d’approvisionnement en eau et en énergie, ainsi que la création d’entreprises et d’emplois, génère des retours économiques.

    Le Sous-Secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale, Thomas Asare, a souligné le rôle des données sur les risques climatiques et des systèmes d’alerte précoce dans l’innovation financière. Il a indiqué que ces données peuvent être intégrées à des instruments tels que les obligations de résilience et les échanges de dette contre des investissements climatiques afin d’attirer des investissements privés à grande échelle.

    La Société civile a également plaidé pour une plus grande justice financière en matière de lutte contre le changement climatique. Mithika Mwenda, de l’Alliance panafricaine pour la justice climatique, a déclaré que l’Afrique devait garantir une utilisation transparente, équitable et responsable des ressources nationales et internationales, tout en soulignant la nécessité de subventions dans un contexte de diminution des financements. Nous devons réaffirmer les responsabilités communes mais différenciées et les capacités respectives des pays au titre de l’Accord de Paris. Ceux qui ont le plus contribué à la crise et qui disposent des plus grandes capacités doivent en faire davantage.

    Lors du deuxième panel, le Ministre des finances du Zimbabwe, Mthuli Ncube, a souligné l’importance de renforcer la mobilisation des ressources nationales tout en protégeant les investissements à long terme dans le climat et le développement. Il a noté que cela devait se faire dans un contexte de marges de manœuvre budgétaires limitées, de pressions croissantes sur le service de la dette et de nécessité d’atténuation des risques et d’innovation financière.

    Le Conseiller principal du Commissaire au Département du développement économique, du commerce, du tourisme, de l’industrie et des minéraux de la Commission de l’Union africaine, Jean-Bertrand Azapmo, a plaidé pour un cadre continental cohérent liant le financement climatique à l’industrialisation verte et aux chaînes de valeur régionales dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine.

    Coulibaly Abdoulaye, de la Banque africaine de développement, a mis en lumière le lien entre la réforme mondiale et la formation de capital national. Il a déclaré que des réformes systémiques de l’Architecture financière mondiale et des systèmes de crédit souverain sont nécessaires pour réduire le coût du capital en Afrique et permettre le renforcement des marchés de capitaux nationaux.

    Le directeur exécutif du Fonds monétaire international, N’Sonde Regis, a déclaré que des analyses et un soutien supplémentaires sont nécessaires pour aider les pays africains à mobiliser davantage de financements pour le climat et le développement sans aggraver leur vulnérabilité à la dette.

    Olapeju Ibekwe, de la Fondation Sterling One, a souligné la contribution des acteurs philanthropiques et non étatiques au renforcement de la responsabilité, à la mobilisation des partenariats et à la garantie que les financements se traduisent par des résultats concrets en matière de développement.

    Lors des deux panels, les intervenants ont averti que la mise en œuvre fragmentée et axée sur les projets des financements pour le climat et le développement en limite l’ampleur, la cohérence et l’impact. Ils ont plaidé en faveur d’approches intégrées et programmatiques, alignées sur les plans nationaux, les objectifs de développement durable et l’Agenda 2063.

    Les discussions ont également mis en évidence la faiblesse de la mobilisation des ressources nationales et des systèmes de gestion des finances publiques comme des contraintes majeures. La faible contribution fiscale, les inefficacités et la capacité limitée à sanctuariser les ressources ont été identifiées comme des obstacles au financement d’infrastructures et de services résilients face au climat.

    Les intervenants ont également noté que de nombreux pays africains ne disposent pas d’un nombre suffisant de projets climatiques prêts à l’investissement et bancables. Le manque de capacités techniques en matière de préparation de projets, de structuration des risques et de partenariats public-privé, ont-ils affirmé, continue d’entraver la mobilisation de financements à grande échelle.

    a sous-utilisation des mécanismes de financement régionaux et continentaux a également été soulignée. Les intervenants ont plaidé pour le renforcement des institutions africaines de financement du développement et un recours accru à des instruments novateurs tels que les obligations vertes, les obligations liées au développement durable, les échanges de dette contre des crédits climatiques et les mécanismes de marché du carbone adaptés à l’Afrique.

    Le Forum a souligné que les données, la transparence et la responsabilité sont essentielles. Elles sont fondamentales pour la confiance des investisseurs, celle du public, l’efficacité de la mise en œuvre et la justice climatique.

    Les participants ont appelé à une coordination continentale renforcée, notamment par le biais de l’Union africaine. La ZLECAf a été présentée comme une plateforme clé pour lier le financement climatique à l’industrialisation verte, aux chaînes de valeur régionales et à la transformation structurelle.

    Les panels ont convenu que les États membres de la CEA devraient renforcer la mobilisation des ressources nationales et les systèmes de gestion des finances publiques, mettre en place des portefeuilles intégrés et prêts à l’investissement pour les projets de climat et de développement durable, et établir des systèmes nationaux transparents de suivi du financement climatique et du développement.

    La CEA a été invitée à renforcer le suivi régional, la cohérence des politiques et le suivi des engagements financiers, notamment en aidant les États membres à traduire les résultats de la quatrième Conférence internationale sur le financement du développement et des Conférences des Parties en en stratégies nationales de financement cohérentes, en plans de mise en œuvre et en résultats mesurables.

    Les institutions régionales et continentales ont été invitées à renforcer les mécanismes de financement capables de mobiliser massivement des capitaux publics et privés, tout en assurant la cohérence entre le financement climatique et la mise en œuvre intégrée de solutions dans les secteurs de l’énergie, de l’eau, des transports, de l’industrie, des villes, de la santé et de la résilience

    Les institutions financières internationales et les partenaires au développement ont été appelés à soutenir les réformes de l’Architecture financière internationale et à fournir un financement climatique accru, prévisible et à des conditions avantageuses, notamment pour l’adaptation, la réduction des pertes et dommages et la diminution des risques de catastrophe.

    Les deux panels ont souligné la capacité de l’Afrique à jouer un rôle moteur grâce aux réformes, à l’innovation et à la responsabilité, ainsi que la nécessité d’un leadership accompagné d’un système financier mondial performant. Ils ont également insisté sur l’importance de partenaires alignés sur les priorités africaines et d’un financement à la hauteur des exigences en matière de résilience climatique et de développement durable.

     

    -Fin-

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  • ables rondes de haut niveau organisées dans le cadre du douzième Forum régional africain pour le développement durable.

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Afin de garantir que le continent reste coordonné, influent et stratégiquement positionné, l’Union africaine organise la réunion de ses membres afin d’éviter la cacophonie. Elle tient en ce moment même, en Guinée équatoriale, une « retraite » de représentants de ses pays membres, des institutions financières techniques et les partenaires clés. Ce, afin d’évaluer les réalisations et les enseignements tirés de la présidence sud-africaine de 2025, ainsi que d’examiner les priorités des États-Unis pour 2026, notamment la croissance économique, la déréglementation, l’abondance énergétique, le commerce et l’innovation, afin d’identifier les domaines offrant un levier stratégique. « Le succès de notre adhésion permanente au G20 sera mesuré par notre capacité à produire des résultats qui accélèrent l’industrialisation de l’Afrique, s’attaquent au lourd fardeau de la dette et favorisent une croissance inclusive et équitable. » Au cœur de l’ordre du jour figure l’alignement des pays africains autour des priorités communes de l’Agenda 2063 afin d’assurer une transition « en douceur » de la présidence de l’Angola au Burundi en 2026 et d’adopter une feuille de route stratégique pour l’engagement dans tous les volets du G20. Dans son allocution de bienvenue, Simeón Oyono Esono Angüe, ministre des Affaires étrangères de Guinée équatoriale (photo ci-dessus), a souligné la nécessité d’une action collective. « Notre présence ici marque un tournant dans notre diplomatie. Nous ne nous contentons plus d’observer les décisions mondiales ; nous y participons activement afin de nous assurer qu’elles reflètent les réalités de nos peuples ». Réagir au camouflet infligé à l’Afrique du Sud De son côté, l’ambassadeur Fathallah Sijillmasi, directeur général de la Commission de l’Union africaine, a souligné que le siège permanent de l’UA devait s’appuyer sur un mécanisme interne rigoureux pour faire avancer l’agenda du continent. « Notre objectif est d’aller au-delà de la simple participation pour avoir un impact réel, en établissant le cadre institutionnel nécessaire pour garantir que les priorités spécifiques de l’Afrique, de la transformation numérique au financement des infrastructures, soient défendues sur le plan technique et soutenues politiquement à tous les niveaux du processus du G20. » Sara Silva Sara Silva De son côté, l’ambassadrice Sara Silva a dressé le bilan des progrès réalisés au cours du cycle précédent, soulignant les avancées importantes obtenues sous la présidence historique de l’Afrique du Sud au G20, notamment une meilleure visibilité des priorités de l’Afrique dans les discussions économiques mondiales et une coordination renforcée entre les États membres de l’UA. Elle a insisté sur l’importance de préserver la mémoire institutionnelle et d’assurer la continuité alors que l’Union africaine s’engage dans le cycle 2026. Tandis que le Tchadien Mahamat Ali Hassan a rappelé aux participants que la souveraineté économique reste au cœur de la réalisation de l’Aspiration 7 de l’Agenda 2063, qui vise à positionner l’Afrique comme un acteur mondial fort, uni, résilient et influent. Il a souligné que le renforcement des capacités de production nationales, la promotion de l’industrialisation, la promotion du commerce équitable et la réduction des dépendances structurelles sont essentiels pour renforcer la voix et le pouvoir de négociation de l’Afrique au sein des plateformes de gouvernance mondiale telles que le G20. Dans son discours d’ouverture, Francisca Tatchouop Belobe, commissaire de l’UA chargée notamment du développement économique a évoqué les questions qui fâchent, à savoir les relations avec les Occidentaux et le fait qu’aucune invitation n’ait été adressée à l’Afrique du Sud pour le sommet du G7 en France. Elle a indiqué que l’Union africaine s’était engagée par les voies diplomatiques appropriées, soulignant que cette évolution risquait de compromettre les principes d’inclusivité et de consensus qui guident depuis longtemps le processus du G20. Elle a réaffirmé que l’UA continuerait à dialoguer avec ses partenaires et les États membres afin de préserver les intérêts collectifs de l’Afrique et de garantir la participation pleine et effective des membres africains au sein du G20. Pour des résultats concrets Elle a souligné que « même dans ce contexte unique, l’Afrique doit rester déterminée à obtenir les meilleurs résultats possibles du cycle du G20 de 2026 en faisant progresser les priorités de l’Agenda 2063, en renforçant la participation coordonnée et en veillant à ce que la voix du continent reste visible et influente dans tous les axes de travail du G20 ». Ajoutant : « Nous devons nous appuyer sur l’expertise des partenaires de l’Union africaine et sur l’expérience des anciens sherpas de l’UA au G20 pour assurer la continuité et l’engagement stratégique. L’Afrique doit continuer à tirer le meilleur parti de la présidence américaine du G20 alors que nous nous tournons vers le retour à un ordre régulier sous la présidence britannique du G20 en 2027. » Avis partagé par l’ambassadeur Willy Nyamitwe (Burundi) : « Le succès de notre adhésion permanente au G20 ne se mesurera pas à notre présence à la table des négociations, mais à l’impact tangible de nos contributions. Il sera mesuré par notre capacité à produire des résultats qui accélèrent l’industrialisation de l’Afrique, s’attaquent au lourd fardeau de la dette qui pèse sur nos économies et favorisent une croissance inclusive et équitable pour les 1,4 milliard d’Africains que nous représentons, faisant ainsi progresser les aspirations de l’Agenda 2063 : L’Afrique que nous voulons. » Enfin, Iván Bacale Ebe Molina, ministre des Finances de la Guinée équatoriale, a abordé les impératifs économiques de la feuille de route pour 2026. « Alors que nous nous tournons vers le cycle de 2026, notre priorité reste la réforme de l’architecture financière internationale. Nous sommes ici pour veiller à ce que les systèmes financiers mondiaux servent les objectifs d’industrialisation et d’énergie de l’Afrique, plutôt que de les entraver. » LA, d’après un compte rendu de l’UA. @NA FacebookMastodonEmailPartager Mots clés:G20 Panafricanisme Union Africaine Écrit par Laurent Allais Article précédent Vers une forte hausse des prix de l’énergie Article suivant Quelques découvertes beauté Laissez un commentaire Entrez le nom Entrez l'e-mail Saisir un commentaire Articles récents Pour une action transformatrice en faveur du développement La violence au travail, un phénomène souvent invisible Les ministres des Finances réclament une refonte des règles Le dynamisme perfectible du secteur privé marocain La sortie des Émirats de l’OPEP, un signal géopolitique Catégories Sélectionner une catégorie Sites du Groupe African Business New African African Banker Femme Africaine Articles Liés Algérie où est l’opposition ? 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