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CAMEROUN-FILIERE CAFE/« Il faut d’abord sauver la production au moyen d’accompagnement des pouvoirs publics, des incitations diverses mais surtout de prix rémunérateurs garantis aux producteurs. La libéralisation de la filière café n’a pas du tout arrangé les affaires du café et j’ai peur aujourd’hui que le cacao subisse le même sort »

Francois Mefinja, ex-Directeur Général de l’Union Centrale des Sociétés des Coopératives Agricoles de l’Ouest (UCCAO)

Joseph KAPO par Joseph KAPO
27-03-2026
dans Economie, Flash Infos, International, Politique
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CAMEROUN-FILIERE CAFE/« Il faut d’abord sauver la production au moyen d’accompagnement des pouvoirs publics, des incitations diverses mais surtout de prix rémunérateurs garantis aux producteurs. La libéralisation de la filière café n’a pas du tout arrangé les affaires du café et j’ai peur aujourd’hui que le cacao subisse le même sort »
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 PCA DE L’ UCCAO  

 

FILIERE CAFE

« Il faut d’abord sauver la production au moyen d’accompagnement des pouvoirs publics, des incitations diverses mais surtout de prix rémunérateurs garantis aux producteurs. La libéralisation de la filière café n’a pas du tout arrangé les affaires du café et j’ai peur aujourd’hui que le cacao subisse le même sort »

Francois Mefinja, ex-Directeur Général de l’Union Centrale des Sociétés des Coopératives Agricoles de l’Ouest (UCCAO)

   1- Après avoir participé à la récente cérémonie à l’invitation du MINADER quels commentaires faites-vous de l’acte posé par le Gouvernement à Bafoussam récemment.

Je voudrais d’abord clarifier les choses pour éviter tout malentendu. J’ai été invité par SM M. le Président du Conseil d’Administration de l’UCCAO, en tant qu’ex-DG de cette structure, à l’inauguration par Monsieur le Ministre de l’Agriculture et du Développement Rural, de sa nouvelle chaine de torréfaction, chaine financée en partie par le gouvernement et par l’UCCAO elle-même. C’est un projet que j’avais d’ailleurs initié avant ma retraite.

Je remercie le PCA de l’UCCAO de m’avoir associé à cet important évènement, qui m’a permis de renouer les contacts tout d’abord avec M le MINADER Gabriel Mbairobe avec qui j’avais étroitement travaillé dès sa nomination. Ensuite, avec des anciens amis cadres du MINADER et d’autres personnalités des filières café et cacao dont j’avais perdu les liens depuis un certain temps. La chaleur de l’accueil par mes anciens collaborateurs m’a également réchauffé.

Ceci dit, l’ouverture de la campagne agricole de la partie méridionale du pays à Bafoussam par S.E le MINADER est un évènement majeur qui a regroupé toutes les personnalités du monde agricole de cette partie du territoire, et l’inauguration de l’usine de l’UCCAO à cette occasion montre quel intérêt le gouvernement attache à la culture du café qui est l’une des plus importantes cultures d’exportation de notre pays.

2-Quel pourra être l’impact de la nouvelle machine de transformation du café moulu UCCAO sur l’économie caféière nationale ou de la région de l’Ouest ?

S.E Monsieur le MINADER l’a dit dans son discours ; il s’agit pour le gouvernement de mettre en œuvre sa politique de transformation locale des produits agricoles pour dégager une forte valeur ajoutée afin de favoriser une meilleure rémunération des producteurs et partant la relance de la production. Le PCA de l’UCCAO  a également parlé de la politique de l’import-substitution car, en mettant sur le marché local ou sous -régional plus de café produit localement, nous limitons l’importation des mêmes produits qui seraient fabriqués à l’étranger, source des sorties de devises.

  1. M. le DG, parlez-nous de l’état de santé de la filière café en ce moment où l’Etat injecte près de 700 millions dans le financement d’une chaine automatique de torréfaction de café.

Je m’excuse de ne pouvoir répondre à votre question car, je n’en ai plus la qualité pour avoir pris ma retraite de la filière depuis quelques années déjà. Mais en tant que citoyen intéressé, je peux vous dire que la production caféière connait ses difficultés dues notamment à la baisse de la production. Mais, je sais aussi qu’un programme de relance avait été mis en place, auquel j’avais personnellement pris part d’ailleurs en son temps. Par ailleurs, vivant dans la région de l’Ouest qui est une zone de production caféière par excellence, je puis vous rassurer que la caféiculture fait face à une vive concurrence des produits vivriers mais également de l’habitat. Toutefois, il existe encore et suffisamment, et le Ministre de l’Agriculture, Gabriel MBairobe l’a dit, des espaces pour la production de café et des jeunes pour s’y lancer si des bonnes conditions de relance leur sont proposées et si une bonne rémunération de leur production est garantie.

Voilà ce que je peux en dire. Les cadres du MINADER et surtout le DRADER/Ouest qui sont dans la suite du Ministre pourront vous en dire plus.

4-Le coût des engrais est l’un des obstacles majeurs qui plombent l’agriculture de façon générale. Le MINADER annonce des subventions. Pourquoi ne pas penser aussi à la création d’une usine de production des engrais ?

Je pense que ce serait déjà une très bonne chose pour tous les producteurs agricoles et particulièrement les caféiculteurs. Le coût des engrais est prohibitif et ne laisse pas beaucoup de possibilités aux producteurs. La production caféière en souffre énormément depuis des années. Or, il faut bien des apports en termes d’engrais pour ces caféiers qui souffrent des sols arides, des sols acides et surexploites depuis des décennies. Il faut aussi des engrais appropriés car, il existe plusieurs zones agro- écologiques de production qui présentent des caractéristiques différentes. S’agissant de l’usine de production des engrais, je pense que l’idée n’est pas nouvelle et je crois même qu’un projet dans ce sens doit déjà exister. La caféiculture en particulier a besoin de beaucoup d’engrais pour se refaire. Nous avions la SOCAME, Société Camerounaise des Engrais dans la zone portuaire de Bonabéri dans un passé lointain, qui n’avait pas fait long feu. C’est dire que la mise en place aujourd’hui d’une nouvelle usine de production d’engrais devrait faire l’objet de beaucoup d’attention.

5-La volatilité des prix constitue-t-elle l’une des raisons du découragement des planteurs ? comment envisagez-vous l’avenir de la filière café au Cameroun ?

Elle est quant à moi à la base de la baisse de production. Car, la libération de la filière café dans les années 90 n’a rien arrangé du tout. Et les organes de gestion de la filière mis en place par le gouvernement n’ont aucune emprise ni sur les coûts encore moins sur les prix de vente qui sont déterminés par le marché international. Le PCA de l’UCCAO dans son discours d’inauguration de son usine a évoqué la transformation locale comme un motif de stabilisation des prix aux producteurs. Ce qui est vrai. Mais, il faut transformer des grosses quantités que nous n’avons même plus. Par ailleurs, il faudra s’assurer de l’existence d’un marché preneur garanti de nos cafés transformés. Pour ma part, il faut d’abord sauver la production au moyen d’accompagnement des pouvoirs publics, des incitations diverses mais surtout de prix rémunérateurs garantis aux producteurs. La libéralisation de la filière café n’a pas du tout arrangé les affaires du café et j’ai peur aujourd’hui que le cacao subisse le même sort, avec la baisse drastique des cours et conséquemment des prix aux producteurs. Les pouvoirs publics doivent être en mesure d’acheter toute la production à un prix rémunérateur pour le planteur en période de crise comme cela se fait ailleurs, pour maintenir le pouvoir d’achat du producteur et l’inciter partant à ne pas céder au découragement. La crise des années 90 a beaucoup plombé la caféiculture. Et sa relève nécessitera beaucoup de moyens. Qu’en sera-t-il du cacao ?

 

  • Dernière question Monsieur le Directeur Général, pourriez-vous nous parler du quotidien d’un Directeur Général retraité ?

Je m’occupe en allant aux champs et en m’occupant de mes enfants et petits-enfants. Je lis aussi beaucoup et suis l’actualité économique et politique de notre pays et d’ailleurs pour entretenir mon cerveau. J’ai même à ce titre fait un Master et rédiger un mémoire sur la Gestion de la Paix et du Développement.

Merci Monsieur le Directeur Général pour votre disponibilité

Interview réalisée par Joseph Kapo

 

 

 

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