Croissance fragile, inflation élevée, et emplois majoritairement informels soulignent
l’urgence de dynamiser le secteur productif en Afrique centrale
Yaoundé, le 14 octobre 2026 — La croissance économique de l’Afrique centrale est
demeurée positive mais a reculé à 3,6 % en 2025, contre 4,6 % en 2024. Cependant,
les économies de la sous-région demeurent fragiles en raison de leur forte dépendance
aux industries extractives. Les pressions inflationnistes ont reculé de 16,2 % à 10,8 %
en 2025. Toutefois, malgré cette baisse, le coût de la vie continue de peser sur le pouvoir
d’achat des ménages. Cet aperçu de la situation macroéconomique et sociale, présenté
aux parties prenantes le 13 octobre lors de la 42ème session du Comité
intergouvernemental des hauts fonctionnaires et experts de l’Afrique centrale (CIE),
met en évidence l’urgence d’accélérer la diversification économique pour renforcer la
résilience des économies de la sous-région.
« Les perspectives économiques à court terme restent favorables, à condition
d’accélérer les réformes visant à renforcer le secteur privé, à préserver la stabilité
macroéconomique et à promouvoir l’intégration régionale » a souligné Laura Ngomegni,
statisticienne au Bureau sous-régional pour l’Afrique centrale de la CEA.
Le déficit budgétaire sous-régional s’est creusé à 3,3 % du PIB en 2025, contre 1,4 %
en 2024. Le compte courant est passé d’un léger excédent de 0,2% du PIB à un déficit
de 2 % du PIB. Bien que la dette publique est restée relativement contenue à environ
44% du PIB en 2025, les charges d’intérêts réduisent les marges budgétaires
disponibles pour financer la santé, l’éducation et les infrastructures.
« Mobiliser davantage de ressources internes permettrait de réduire l’exposition des
pays aux chocs extérieurs et à la volatilité des taux d’intérêt, tout en limitant la pression
du service de la dette sur le financement du développement », estime le Pr Bruno Ongo
Nkoa, directeur du Centre d’études et de recherche en économie et gestion (CEREG)
de l’Université de Yaoundé II–Soa.
Avec une prédominance de l’informalité (87%) dans les emplois, la formalisation
progressive des économies est essentielle pour réduire l’ampleur du secteur informel
Par ailleurs, la CEA recommande d’améliorer l’accès des entreprises au financement, de
renforcer l’offre d’énergie et de résorber les déficits d’infrastructures pour favoriser la
transformation locale. Ces réformes doivent s’accompagner d’une meilleure
gouvernance économique.
« En levant les obstacles aux échanges et en coordonnant les politiques économiques,
nous pouvons élargir les marchés de nos entreprises et renforcer les chaînes de valeur
régionales », souligne Jules Rommel Touka, chef de service des politiques économiques,
monétaires et financières à la Communauté économique des États de l’Afrique centrale
(CEEAC).
Renseignements aux médias
Zacharie Roger MBARGA – Responsable de la Communication
Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique
637, rue 3.069, Quartier du Lac, Yaoundé, Cameroun
Tél: (+237) 222504348
Courriel: zacharie.mbargayene@un.org
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