










Industrialisation de l’Afrique
Démarrage de l’unité de transformation locale des lingots d’aluminium réalisés par la Société ProAlu au premier trimestre 2027
L’annonce est du Ministre des Mines, de l’Industrie, des Mines et du Développement Technologique (ai) MINIMIDT (ai) ; le Pr Fuh Calistus Gentry qui a présidé ce jeudi 20 novembre 2025 à la salle de Conférence du Ministère du Commerce, la cérémonie marquant la 36 éme Journée de l’industrialisation de l’Afrique sur le thème : « Transformer l’Économie de l’Afrique par l’Industrialisation durable, l’Intégration Régionale et l’Innovation. Illustrer comment il est urgent de bâtir un avenir industriel qui soit à la fois vert et connecté ».
Placée sous le patronage du MINIMIDT de concert avec l’Organisation des Nations Unies pour le développement Industriel (ONUDI), la Commission Économique pour l’Afrique (CEA) et l’Union Africaine (UA), c’était le prétexte pour les acteurs d’édifier le public sur les efforts accomplis et les principaux défis.
A travers la déclaration conjointe de la CUA, de l’ONUDI et de la CEA, Jean Luc Mastaki ; représentant de la CEA, a relevé l’urgence d’accélérer l’industrialisation : « la célébration de cette année nous offre une nouvelle occasion de réaffirmer les engagements des États membres de l’UA et de la Communauté internationale en faveur de l’accélération du développement industriel souhaité, inclusif et durable ».
En présence des responsables du MINIMIDT, de l’ONUDI, des Organismes sous-tutelle, de la BEAC et d’autres invités de renom,Jean Luc Mastaki a expliqué comment y parvenir : « la transformation de l’économie africaine par l’industrialisation durable, l’intégration régionale et l’innovation exige une approche multidimensionnelle .La décennie de développement industriel pour l’Afrique ainsi que la croissance de technologie numérique offre une fenêtre d’opportunités pour soutenir le développement économique du continent ».
L’industrialisation durable doit viser à faire passer les économies africaines du statut d’exportateurs de matières premières à celui de producteurs de biens à valeur ajoutée. La solution passe par le développement des ressources naturelles, l’existence d’une énergie fiable et abordable provenant des sources vertes et renouvelables, la création des réseaux de transports (routes, rails, ports, liaisons aériennes et infrastructures numériques) afin d’améliorer la compétitivité des économies africaines.
Transformation du café-Cacao
La mise en œuvre effective de la ZLECAF par la suppression des barrières tarifaires et non tarifaires pourrait faciliter la libre -circulation entre les États membres. Pour le concrétiser,en juillet 1989, l’Organisation de l’unité africaine (OUA) a tenu sa 25e session ordinaire de l’Assemblée des chefs d’État et de gouvernement à Addis-Abeba, en Éthiopie, au cours de laquelle il a été décidé de faire du 20 novembre la « Journée de l’industrialisation de l’Afrique ».
Chaque journée internationale rappelons-le,représente une occasion d’informer le public sur des thèmes liés à des enjeux majeurs comme les droits fondamentaux, le développement durable ou la santé. C’était le cas ce jour à travers l’exposé de Mamadou Ball sur le thème de la journée. Il a relevé : « 21 % des produits exportés sont manufacturés .Il faut inverser la tendance. La ZLECAF est une formidable histoire pour le continent pour favoriser une industrialisation à faible carbone. Pour réussir, l’industrialisation, il faut impliquer les femmes, développer l’agroalimentaire et les infrastructures. Pour remédier au déficit de financement des infrastructures d’ici 2030, il faut 121 milliards de dollars US».
Reymond Tavares représentant de l’ONUDI avant de prononcer le mot du Secrétaire général de l’ONU, M. António Guterres, a suggéré d’accélérer la transformation qui est inscrite dans la SND30 et l’Agenda 2063 de l’UA: « le Cameroun dans sa démarche transforme déjà .Le Cameroun est ambitieux , à des attentes pour une intégration régionale mais aussi pour une industrialisation verte, une industrialisation qui ne détruit pas la nature .L’ONUDI est aussi ici pour aider le Cameroun à transformer ses ressources telles le café et le cacao. Nous y sommes depuis deux ans avec un financement japonais .C’est un marché très demandeur .Nous allons poursuivre avec un nouveau projet pour booster la compétitivité dans la sous-région et faire que le « Made in Cameroon » trouve son chemin, faire qu’il soit connu à l’international ».
Tout en déplorant le poids de la dette,Antonio Guterres dans son message a relevé le bien-fondé de la Zlecaf , qui crée un marché unifié et jette les bases de chaînes d’approvisionnement durables et d’une prospérité partagée dans toute la région :« nous devons alléger véritablement le fardeau de la dette, tripler la capacité de prêt des banques multilatérales de développement et accorder aux pays en développement un rôle plus central dans les institutions économiques qui président à leurs destinées. Une industrialisation durable est essentielle pour libérer le plein potentiel de l’Afrique et atteindre les objectifs de développement durable ».
Il convient de précise que l’objectif principal de cette journée est de promouvoir l’industrialisation comme levier de transformation économique en Afrique, encourager les investissements dans les infrastructures et les industries locales .En dépit des défis confrontés ,le Cameroun n’est pas resté les bras croisés. « Le Cameroun a engagé moult réformes au triple plan institutionnel, législatif et réglementaire, et infrastructurel. Sur le plan institutionnel, le paysage économique a été marqué par la transformation de la Société Nationale d’Investissement (sni) en société à Capital Public par Décret N02024/291 du 10 juillet 2024 portant refondation de la SNI », a déclaré le MINIMIDT (ai), le Pr Fuh Calistus Gentry.
Et ce n’est pas tout : « en matière législative et règlementaire, le Cameroun a modernisé son cadre incitatif à travers l’ordonnance n02025/002 du 18 juillet 2025 fixant les incitations à l’investissement. Au plan infrastructurel, l’Etat du Cameroun a entrepris d’importants investissements : le barrage hydroélectrique sur le fleuve Sanaga, à Nachtigal, d’une capacité installée de 420 MW, ainsi que de nouvelles Universités et écoles de formations ».
Rappelons que 2025 qui s’achève bientôt se caractérise par la création de plusieurs cimenteries :la central africa cement, la cimenterie de Figuil,,le démarrage des projets miniers (Projet d’exploitation du fer de Bipindi Grand Zambi (Akom II),Projet d’exploitation de Fer de Kribi-Lobé .Toujours dans ce registre,le ministre a annoncé l’entrée en production de l’unité de transformation locale des lingots d’aluminium réalisés par la Société ProAlu ,filiale de Prometal au premier trimestre 2027 .Dans sa première phase ,elle est dimensionnée pour capter 30000 tonnes par an de lingots produits par Alucam,puis,60000 tonnes/an dans la phase 2 .Voilà une aubaine pour les chercheurs d’emplois, et le développement de l’économie nationale.
Joseph Kapo





